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Narin
Les Pochtrons

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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:43 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Vemnaft, je crois que tu voulais un sujet avec une histoire. J'ai ça, un texte que j'ai écrit à l'époque sur le forum de Kings Age pour mon alliance. Depuis j'ai arrêté de jouer et je ne l'avais jamais terminée. Maintenant c'est fait, je ne dis pas que c'est une fierté mais ça va meubler ^^. Bonne lecture Wink

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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:43 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Narin
Les Pochtrons

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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:52 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Les terres inconnues


Alors comme ça tu aimerais savoir ce que j'ai fait de ma vie ?
Je pense que ce que j'ai vécu de mieux était sans aucun doute mon voyage dans les terres inconnues. plus qu'un voyage pour la vérité, c'était un voyage inérieur.
Arf, c'est une longue histoire... Alors assied-toi. Je vais te raconter...



Épisode 1
La Reine Aliéris

Sans me vanter – ou si peu – avant mon départ, mon peuple connaissait la période la plus prospère de son histoire. Beaucoup de nobles venaient s'installer dans la région pour profiter de la réputation de la cité et jamais aucune armée n'avait pénétré les défenses de mon royaume.
Ce sont les relations amicales avec mes voisins qui m'obligèrent à quitter mon doux royaume.

Il y avait, non loin de la cité, un royaume avec lequel nous entretenions des relations amicales et commerciales depuis des siècles. Il était dirigé par Aliéris, une femme âgée qui était de bon conseil et qui, au fil du temps, était devenue une bonne amie.
Je lui avais rendu visite peu avant sa mort et elle m'avait semblé fatiguée, l'étincelle qui avait toujours animé ses yeux faiblissait. Je ne fut pas surpris lorsque son messager m'annonça sa mort, la semaine suivante. Mais je n'en fus pas moins bouleversé.
Je voulais soutenir son peuple et j'assistai à ses funérailles. Je fit son éloge ainsi que la connaissance de son successeur, Jorua. A ce moment, je pensais encore rejoindre mon peuple. Mais Jorua me remit quelque chose, de la part de sa tante Aliéris.

Un magnifique écrin, en érable, mais fermé par un cadenas dont personne n'avait la clef. La boîte n'avait pas été ouverte depuis plus d'un millénaire et la clef appartiendrait, paraît-il, à Persépros lui-même.
Persépros est... un vieux mythe. Il serait un centaure, immortel, vivant dans la forêt nordique à la limite du monde connu. Il est assez mystérieux, c'est pourquoi les gens préfèrent l'éviter; ce qui n'est pas pour lui déplaire puisqu'il aime tant la solitude.

Je suis de nature extrêmement curieuse... et Aliéris aimait les énigmes...
Je décidai donc de partir faire un tour dans cette forêt...


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:04 (2010); édité 2 fois
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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:53 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Épisode 2
Des Images Dans La Nuit

– Narin ! Narin !!!
Je n'avais pas fait trois pas qu'on m'appelait déjà. Sedja, ma nourrice lorsque j'étais encore enfant, courait vers moi, brandissant mon amulette. J'eus beau lui marteler que je n'en aurai nullement besoin durant mon voyage, elle insista quand même pour me la passer au cou. Puis elle me souhaita une fois encore bonne chance avant que je ne parte sur Lupa, mon cheval noir.
Tout était enfin en ordre dans mon royaume. Cela faisait déjà trois jours que j'avais assisté aux funérailles d'Aliéris et ma peine était encore forte. Je ressentais le besoin de bouger, de faire quelque chose, comme pour me distraire un peu, pour oublier un moment ma mélancolie...

Je faisais route plein Nord. Je trouverai là la rivière Fra, que je traverserai alors dans la forêt nordique. Le voyage jusqu'à la rivière devait me prendre au moins deux jours, au trot pour Lupa. Le voyage commençait bien, le temps était clair et le paysage verdoyant. Le petit chemin de terre qui courrait sous mes pieds était peu fréquenté, ce qui me rassura puisque je préférais ne pas être reconnu. Les gens n'avaient pas l'habitude de voir un Roi voyageant seul et je préférais ne pas attirer l'attention, ni sur moi ni sur la raison de mon périple.
Le soleil touchait l'horizon quand je décidai de ne pas m'arrêter en ville. Je préférais être prudent. Et puis, je n'étais pas encore très loin de mon royaume, les gens me reconnaîtraient facilement. Je jetai un œil inquiet derrière moi, puis devant : rien. Je quittai alors le sentier, traversai une plaine où je croisai un renard et deux écureuils. Je dénichai enfin un creux entre trois collines, non loin d'un bosquet.
Je mis pied à terre, posai mon balluchon au sol et estimai que j'étais assez loin de tout pour me permettre de faire un feu. Après avoir attaché Lupa à un arbre, je partis à la chasse, en quête d'un petit animal à manger.

Lorsque je retournai à mon campement de fortune, j'avais dans les bras un lapin assez dodu, quelques brindilles pour amorcer le feu et j'avais grignoté quelques fruits trouvés par hasard.
Je me couchai ce soir là repu et avec un sentiment de bien-être absolu. J'avais oublié à quel point le voyage pouvait me détendre. Je m'allongeai, les bras sous la tête, à la clarté du feu. La Lune veillait sur moi. Je m'endormis sans difficulté, mais d'un sommeil agité.

La Lune s'était éteinte et les étoiles disparaissaient une à une comme derrière un voile ténébreux. Le ciel se teintait du violet le plus criard et les oiseaux fuyaient leurs nids pour s'éloigner vers l'horizon noir. Un cri aigu perçait dans ma tête.
Puis plus rien.
Le silence, troublant, inquiétant. Le silence dans tout ce qu'il avait de plus angoissant.
Je tournais sur moi-même, perdu dans les ténèbres. Puis le ciel lui-même semblait s'ouvrir et s'effondrer sur moi ! Sa gueule béante m'emportait vers l'inconnu...

Je sursautai. Haletant, je me redressai et passai mes mains sur mon visage en sueur. Je me calmai peu à peu, reprenant mes esprits et chassant de ma tête ce mauvais rêve tout en tisonnant négligemment le feu. Je me levai faire quelques pas... et entendis un souffle calme derrière moi... Je fis volte-face et me trouvai nez à nez avec un homme en toge blanche. Impassible, il me fixait sans ciller.
Le temps de cligner de l'œil, et il avait disparu...


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:03 (2010); édité 1 fois
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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:55 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Épisode 3
Connaissance
­
Il faisait nuit noire, seule la Lune éclairait mon chemin lorsqu'elle daignait se montrer. J'étais reparti en hâte, sachant que je ne trouverai plus le sommeil cette nuit. J'avais passé une bonne demi-heure à scruter les alentours de mon campement sans jamais retrouver la trace de ce qui m'avait semblé être une apparition.
La main sur la garde de mon épée, je demeurais angoissé, aux aguets. Il me semblait que l'homme pouvait surgir à tout moment de n'importe où. Je faisais courir Lupa au galop pour m'éloigner le plus possible de cet endroit. Je voyageai toute la nuit et au petit matin, je fus pris d'une intense envie de dormir. Je n'y prêtai pas attention et continuai mon chemin, à une allure raisonnable cette fois, puisque le jour me rassurait et que les autres voyageurs ne devaient surtout pas prêter attention à moi.

"Qui va là ?"
La réplique, pourtant classique, me fit sursauter.
– Qui êtes-vous, étranger ? Les deux gardes pointaient leurs lances vers Lupa.
– Euh... Je... Je suis simplement de passage, bafouillai-je.
– Ton nom ?
– Euh...
– Comment ça tu ne sais p...
– Rinan, les coupai-je.
– Inscris-le sur le registre, m’ordonna le garde d’un air suspicieux. Tu entres sur les terres du Seigneur Namir !
J'écarquillai les yeux. Je n'avais pas vu le temps passer. J'avais dû m'endormir sur mon cheval. J'entamais la partie la plus périlleuse de mon voyage dans le monde connu. Namir n'était pas un ennemi mais nous n'étions pas en très bons termes et il était connu pour laisser constamment des patrouilles partout dans son royaume. J'aurais aimé éviter cet endroit, seulement la rivière Fra, que je voulais suivre, prenait naissance sur ses terres et formait même sa frontière nord. J'espérais l'atteindre peu après midi.
Je notai mon nom d'emprunt – anagramme que j'avais ressortie de mes vieux jeux d'enfance – et je me dépêchai de quitter les gardes, si peu aimables. Je marchai à côté de mon cheval, dans l'attroupement des voyageurs.

Je décidai de ne pas m'arrêter avant d'avoir atteint la Fra. Mais j'eus le malheur de passer à proximité d'une ville. Plusieurs hommes en arme hélaient la foule pressée des voyageurs.
"Venez ! Venez nombreux assister à la pendaison du voleur de bijoux !"
Les hommes menaçaient des gens de leur arme pour les emmener dans l'enceinte de la ville où ils entassaient de force les spectateurs. Je me fit discret, voulant à tout prix éviter de perdre du temps dans des spectacles de ce genre. Mais, bien évidement, je tombai nez à nez avec l'un d'eux qui, à mon grand soulagement, emmena le voyageur qui me suivait depuis déjà un moment. Je pressai le pas, trop content de pouvoir éviter l'exécution.

Je continuai donc mon chemin mais, à peine avais-je dépassé le gros de la troupe que je crus reconnaître quelqu'un dans la foule. Deux pas de plus et je fus fixé. Dans l'agitation compacte, sur le chemin, se trouvait un homme immobile, en toge blanche. Il me fixait avec insistance...
Je pris peur, cet homme était tellement inquiétant que j'eus le pire réflexe possible : je partis en courant vers le village. Bousculant la foule, je me frayai un passage jusqu'à l'intérieur et me trouvai, malgré moi, assistant à l'exécution.
Je ne cessais de regarder derrière moi sans jamais le voir. J'étais au milieu d'une foule de badauds en cercle autour de la potence. Après avoir tourné la tête une dernière fois, je me retournai dans le bon sens... face à lui...
J'eus un mouvement de recul.
"Bonjour", déclara-t-il calmement tout en penchant la tête de côté.
Quelqu'un me bouscula et, le temps que je me retourne, l'homme avait disparu.
Je laissai échapper un cri : on me tapotait l'épaule. Je fut soulagé de voir un visage familier.
"Mais regardez-moi ça ! Mais c'est..." Je pressai très vite ma main sur la bouche de Govide.
"Chut", lui intimai-je...


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:03 (2010); édité 1 fois
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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:56 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Épisode 4
Reconnaissance

–Allons discuter ailleurs, proposai-je tandis qu'un frisson parcourait l'assistance alors que le pauvre homme était pendu.
Govide m'accompagna jusque chez lui, en silence comme je le lui demandais. Je ne cessais de jeter des regards inquiets autour de moi. Cet homme, encore et toujours lui ! Comment avait-il pu me suivre jusqu'ici ? Govide fit emmener Lupa à l'écurie et me fit entrer chez lui.

Après nous avoir fait porter deux verres, il déclara enfin :
– Alors Narin, qu'est-ce qu'il y a ?
Govide était un vieil ami. Nous nous étions rencontrés à un couronnement. Il m'avait offert à boire, nous avions discuté et au final étions devenu amis. Nous ne nous étions pas revu depuis plusieurs années.
– Tu es toujours dans la garde de la ville ?
– Oh ! non, dit-il avec un sourire. Je suis entré dans une unité spéciale. Un commando qui mène des opérations secrètes.
– Je vois... Tu dois t'y plaire, je pense.
– Tu ne peux pas savoir à quel point, ajouta-t-il, une lueur malicieuse s'allumant dans ses yeux. Mais j'en dis trop. Qu'est-ce qui t'amène ? Et seul en plus !
– Je dois rejoindre un groupe d'ambassadeurs, au nord, mentis-je.
– Toi, tu me caches quelque chose... N'essaie pas de nier, je te connais !
– Et bien j'espérais ne pas attirer l'attention. Je préfèrerais partir au plus vite.
– Tu ne veux pas me dire ce que tu fais ici ? Je comprends, ne t'inquiète pas ! Mais si tu veux bien, j'aimerais que tu restes dormir ici ce soir. Cela me fait tellement plaisir de te revoir, Narin.
– Non, je préfère repartir vite.
– Narin... Je n'ai pas eu le temps de te dire. La dernière fois qu'on s'est vu...

– Entrez, Seigneur Narin. Notre Grand Roi Namir va vous recevoir.
J'étais entré dans la salle du trône. En face de moi se tenait Namir, sur son imposant trône de marbre. Et à ma gauche, ligoté, Govide était à genoux.
J'esquissai un très léger hochement de tête en guise de révérence :
– Namir ! m'étais-je exclamé.
– Narin, vous êtes ici en témoin, je me trompe ?
– Vous ne vous trompez pas. Mais je dois vous dire que je trouve votre attitude des plus déplaisantes.
– Je ne ferai aucun commentaire sur la vôtre. Nous ne sommes pas là pour cela !
Il avait marqué une brève pause puis avait reprit :
– Govide Arthurus Blaw, ici présent, est accusé de vol et de complicité dans un meurtre. Blaw, qu'avez-vous à répondre ?
– Seigneur Namir, je vous assure que rien de tout ceci n'a pu se passer.
– Avez-vous une quelconque preuve de ce que vous avancez, Blaw ? avait tonné Namir.
– Vous semblez m'oublier, Namir.
Il s'était tut et s'était tourné lentement vers moi avec un regard noir. J'avais poursuivi :
– Govide, ici présent, a été vu à l'autre extrémité du royaume au moment des faits. Comme l'atteste ce témoignage du Duc Alaston Euridius.
Je lui avais tendu un parchemin, portant la signature et le sceau de mon vieil ami le Duc. Celui-ci avait accepté de témoigner en faveur de Govide. Je n'aimais pas trop cela mais Govide m'avait aidé plus d'une fois.
Namir avait pris le parchemin et ses traits s'étaient figés. Furieux, il ordonna qu'on détache le prisonnier. Je m'étais alors retourné et j'étais sorti de la pièce. Govide m'avait couru après :
– Narin, je...
– Tais-toi ! Je ne ferai pas ça tous les jours ! Tu devrais faire attention à tes fréquentations.
Après lui avoir chuchoté ces conseils, j'étais reparti.

– Je voulais te remercier. Je te suis à jamais redevable.
– Ce n'est rien, ne t'en fais pas... Mais je... Je suis désolé mais je suis assez pressé. Je serais ravi de rester mais je dois y aller...
– Tant pis. J'espère juste te revoir bientôt...
Je commençais à sentir quelque chose d'étrange dans sa voix. Quelque chose qui me fit frissonner. Non ! Décidément, l'homme en toge me rendait anxieux. Je me méfiais de tout le monde.
Je vidai mon verre et serrai chaleureusement la main de mon ami. Il me raccompagna devant sa porte, m'assurant de sa sincère désolation de me voir partir si vite. J’allais quitter la ville. Je devais me dépêcher un peu pour atteindre la Fra au plus tôt.

J'étais heureux de retrouver Lupa et la solitude. Je remontai avec plaisir à cheval. Arrivé devant la porte des remparts, on me demanda de descendre. Je m'exécutai, à la fois curieux et inquiet.
– Donnez-nous votre arme, demandèrent les gardes.
L'angoisse se lisait sûrement sur mon visage.
– Et vite ! Sinon... menacèrent-ils, pointant sur moi leurs lames.
– Mais pourquoi ? demandai-je atterré.
– Ne fait pas d'histoires, Narin.
Cette voix...
Derrière moi, se tenait Govide...


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:02 (2010); édité 1 fois
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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:56 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Épisode 5
Amis Et Ennemis, Première Partie

J'étais résigné. Sur le chemin qui menait vers la citadelle de la ville, j'étais entravé et tout espoir d'évasion m'avait quitté. Govide pointait sur moi une arbalète menaçante. Une question me brûlait les lèvres.
– Govide... Je... Je ne comprends pas.
– Il n'y a rien à comprendre, Narin.
– Mais pourquoi ?
Il soupira.
– Tu n'es pas aussi perspicace que je croyais. Lorsque tu as quitté le royaume, la dernière fois, Namir était furieux contre moi et j'ai d'abord cru que je devrais m'enfuir. Mais le Roi a toujours un plan. Il m'a donné une chance de me racheter... et j'ai accepté.
– Alors c'est comme ça que tu te rachètes ! En trahissant tes plus fidèles amis !
– Je n'ai pas le choix, Narin. Ca ne m'amuse pas plus que toi mais je m'y suis fait. Je vais te livrer au Seigneur Namir et tout ira pour le mieux.
Je me tus.

Les gardes à mes côtés bloquaient ma fuite. Et j'étais désarmé. Govide ne cessait de me jeter des regards étranges. J'essayai de ne pas y prêter attention. Au loin, je voyais déjà la silhouette sinistre de la tour du Roi où il y avait cette salle de marbre, se découper sur le soleil couchant. Je commençais à imaginer un peu comment je pourrais échapper à ce Govide qui n'était plus mon ami.
Je trébuchai, volontairement, dans l'espoir de gagner un peu de temps. J'avais les mains attachées et les gardes eurent le plus grand mal à me relever, d'autant que je n'avais pas l'intention de les aider. Nous reprîmes la marche en direction de Namir dans sa tour. Je traînais les pieds mais Govide me poussait toujours dans le dos pour me faire avancer. La nuit approchait, je pourrais alors me cacher facilement dans les ruelles sombres de la ville. Me voyant esquisser un mouvement vers la gauche, Govide pressa son arbalète plus fort contre mon dos.
– N'y pense même pas, menaça-t-il.
Je m'effondrai alors au sol.
Je m'étalai par terre. Govide se précipita au-dessus de moi sans réfléchir. Même les yeux fermés, je sentais son souffle sur mon visage. Je rassemblai mon courage et, d'un coup, relevai ma tête de façon à le déstabiliser. Je me levai rapidement et passai au travers des gardes désemparés. je couru le plus vite possible mais, juste avant de tourner dans une ruelle, je me figeai au son de la voix de Govide :
– N'avance plus !
Je savais qu'il pointait vers moi sa dangereuse arbalète. Me retournant, j'en eus la certitude. Il était à peine à dix mètres de moi. Il m'atteindrait facilement si je bougeais... Je me maudis alors de ne pas courir plus vite. Haletant, les bras ballants, je lui fis face. Je lisais dans ses yeux comme un éclair de folie. J'avais perdu. Malgré l'obscurité Govide pouvait me voir. J'allais être obligé de revenir, de me laisser enchaîner et livrer à Namir.
Je fis un pas en avant. Je perdais espoir... Et il apparut...
Soudain, juste devant Govide, un homme en toge blanche apparut. D'un coup, sans crier gare, il était là, dans un nuage de fumée blanche, entre moi et Govide. L'homme empêcha Govide de viser, il le surprit et le perturba.
Sans réfléchir plus, je profitai du moment pour filer. Je bifurquai dans une ruelle, puis une autre jusqu'à enfin arriver au mur d'enceinte. Là, je volai un cheval et une épée qu'un cavalier avait laissé traîner. Le malheureux m'aperçut alors que j'étais déjà loin. J'étais à la lisière de la forêt lorsque j'aperçus Govide, lui aussi à cheval, qui se lançait à ma poursuite...


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:02 (2010); édité 1 fois
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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:57 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Épisode 6
Amis Et Ennemis, Deuxième Partie

J'éperonnai ma monture mais je sentais Govide se rapprocher dangereusement. Je slalomais à travers les vieux troncs dans la forêt; le plus vite que je pouvais. Il me talonnait, me rattrapais et finalement se trouva à ma hauteur. Son cheval poussa brusquement le mien et Govide et moi nous retrouvâmes à terre. Je me relevai, en garde mais les mains toujours liées. Govide était tout aussi rapide. Nous étions face à face, chacun menaçant l'autre de sa lame.
– Govide...
– Pas la peine de me supplier, Narin ! Je sais que tu complote depuis toujours pour nous faire tomber; moi, le Roi et tout le royaume !
– Mais tu es fou. Tu délires !
Il abattit le tranchant de son épée sur moi et j'eus tout juste le temps de parer.
– Govide, laisse-moi partir ! Tu ne me reverras plus.
– Laisse-moi m'en assurer, hurla-t-il en tentant une nouvelle fois de m'atteindre.
En vain. Nous fîmes quelques passes et je compris avec effroi que j’aurai le plus grand mal à me défendre en ayant les mains liées.
– Sale traître ! s'exclama-t-il.
– Quoi ?
– Tu ne t'échapperas pas cette fois !
– Mais qu'est-ce que tu racontes ?
Je parai avec peine une nouvelle attaque.
– Ne fais pas l'innocent, Narin ! Tous ces exploits, tout ce qu'on raconte à ton sujet ! Rien de tout cela n'est vrai !
– Mais...
– Tais-toi ! Tu n'es qu'un lâche. Tu n'as jamais rien fait tout seul ! Sans moi ou quelqu'un d'autre pour t'aider, tu n'aurais jamais rien réussi ! Et tu te permets de te pavaner dans le monde entier en endossant la gloire des autres !
La rage me submergea. Comment pouvait-il dire cela ? Il savait bien que je me lamentais de savoir que de nombreuses personnes voulaient m'attribuer la gloire et oubliaient les autres.
Je l'attaquai de face, laissant ma colère porter les coups à ma place. Il essayait d'esquiver mais je ne le lâchait pas. Ma rage était telle que même mes mains attachées, il ne pouvait plus m'échapper. Je lui entaillai la jambe et il tomba à la renverse. J'écartai du pied sa lame et le menaçai de la pointe de la mienne.
– Vas-y ! Qu'est-ce que tu attends ?
Mon épée touchait sa gorge.
– Tue-moi ! hurla-t-il.
La folie l'avait envahi et un sourire plein de dégoût fendit son visage alors que je me ravisais, et abaissais mon épée.
– Tu n'es rien qu'un lâche ! Je te l'avais dit ! Tu n'es même pas capable de tuer quelqu'un de tes propres mains !!!
– Govide... tu es mon ami. Comment pourrais-je...
Il cracha par terre.
– Je te poursuivrai jusqu'en enfer s'il le faut, pour te tuer Narin ! Je ne reviendrai pas voir Namir tant que je n'aurai pas ta peau !
Je savais que je ne pouvais pas le laisser en vie mais il avait été mon ami...

Dans un élan de haine, je l'avais transpercé de mon épée. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas rester et le voir plus longtemps à terre, dans sa vie en rouge qui lui coulait des veines.
Je retrouvai l'un des chevaux un peu plus loin et je le mit au galop après avoir scié mes entraves de la lame de mon épée. De grosses larmes coulaient sur mes joues. Mes mains tremblaient plus que jamais. Et le souvenir de son rire diabolique me hantait, il résonnait encore dans ma tête. Je tremblais, je tremblais…

Peu après, je trouvai une rivière où me désaltérer et m'essuyer un peu, me laver du sang et des sombres pensées qui se bousculaient dans ma tête. Govide, sa mort et cet homme en toge blanche qui me suivait depuis le début et qui cette fois m'avait sauvé. Je ne comprenais plus. Je m'aspergeai le visage d'eau. J'étais perturbé, j’étais perdu dans le fil de mes pensées qui tournaient à une vitesse folle dans mon crâne.
– Narin... entendis-je.
Je n’y prêtai pas attention, imaginant que ma conscience venait me juger et qu’elle ne se remettrait jamais de ce que j’avais fait.
– Narin… insista la voix.
Non, non, non ! Laisse-moi !
– Narin…
– Laisse-moi !!! hurlai-je.
Je me relevai, chancelant et je frissonnai, sentant toujours contre moi le poids insupportable de l’épée.
Mais la femme qui m'avait appelé, de l'autre rive, avait un air infiniment compatissant et doux. Je compris alors que j'avais enfin atteint la Fra...


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:02 (2010); édité 1 fois
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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 14:57 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Épisode 7
Au Delà

Il faisait à présent nuit noire mais je la voyais très clairement. La petite créature flottait au-dessus du sol dans un halo de lumière. Elle était une toute petite femme et sa chevelure dorée lui arrivait jusqu'aux chevilles. J'étais un peu envoûté, c'est vrai. Et j'avais besoin d'oublier aussi. Je la suivis donc quand elle me le demanda.
Mon cheval ayant prit peur, je dus traverser à pied la Fra, où l'eau glacée m'arrivait jusqu'au nombril. Je grelottais en arrivant sur l'autre rive mais la créature ne m'attendait déjà plus. Elle brillait plus loin dans la forêt et se retourna pour m'appeler à nouveau. Je la suivais, courant presque, à travers la forêt nordique.
Je faisais partie des rares personnes à avoir osé s'aventurer dans cette forêt du bout du monde. J'eus un frisson en me souvenant que personne ne savait vraiment ce qui s'y cachait mais repris courage en me rappelant pourquoi j'étais venu. Je portai ma main à la poche intérieure de ma veste de voyage. Je sentis avec soulagement la boîte en érable d'Aliéris. Je devais trouver Persépros et avec un peu de chance, il accepterait d'ouvrir la boîte. Je n'avais pas grand espoir mais l'espoir était tout ce que j'avais. Je couru encore pour ne pas perdre de vue la petite femme qui filait toujours devant moi.
– Attendez ! Attendez-moi !
– Pourquoi ?
Elle s'était arrêtée et j'avais réussi à la rejoindre, haletant. Je repris mon souffle :
– Qui êtes-vous ?
– Cela n'a aucun intérêt, avait-elle répondu après avoir fait mine de réfléchir. Puis elle reprit sa course.
Je la suivis du mieux que je pus mais je fini par la perdre de vue. Je fonçai droit devant ou j'avais cru la voir disparaître mais sans succès. "Oh non !" Je me croyais perdu en pleine forêt quand je l'entendis derrière moi :
– Dépêche-toi !

A ma grande surprise, notre route déboucha brusquement dans une grande clairière vide où la créature stoppa net. Je manquai même de la bousculer en m'arrêtant. La minuscule femme fit une élégante révérence en direction du centre de la clairière.
– Excusez-moi mais je ne comprends pas bien ce que vous faites...
– Tout de suite, ma Reine, déclara la créature comme si elle ne m'avait pas entendu.
– Mais...
– Chut ! murmura-t-elle avant d'ajouter : Suis-moi.
Elle s'enfonça une nouvelle fois sous le couvert des arbres et je ne pus que la suivre. Elle avançait vite, ne prêtant pas la moindre attention à mes protestations ni au nombre de questions que je m'évertuais à lui poser.
Nous fîmes route une bonne partie de la nuit. Je me fatiguais à crapahuter ainsi mais la créature qui me guidait ne bronchait pas. L’obscurité même ne semblait pas être capable de la ralentir.

Elle s’arrêta enfin, brusquement. Je repris mon souffle dans une nouvelle clairière, faiblement éclairée par un cercle de torches.
– Adieu ! me lança la petite femme avant de repartir en courant à travers la forêt.
Elle me laissait seul, pantelant et avec une étrange impression. Et si tout ceci n’était rien d’autre qu’un piège ? Ma main était crispée sur la garde de mon épée.
– Bien le bonjour, me salua une voix grave et calme.
J’avais beau me tourner et me retourner dans tous les sens, je ne voyais pas l’homme qui parlait. J’étais sur le point de sortir ma lame…
– Je t’en prie, Narin. C’est inutile.
Je sentais l’angoisse monter en moi sans que je parvienne à la réprimer.
– N’ai pas peur. Si je te voulais du mal, tu serais mort depuis longtemps déjà, je peux te l’assurer.
La voix marqua une pause et le silence qui envahissait la clairière ne me plaisait pas du tout.
– Qui êtes-vous ? demandai-je en direction de la forêt.
– Est-ce vraiment si important ?
– Ça l’est pour moi !
– Bien, dans ce cas… Je crois que les habitants de l’autre rive m’appellent Persépros.
Je sentis mon cœur faire un bond : je l’avais enfin trouvé !
– Je sais pourquoi tu es là.
– Qu…
– Tu ne l’as pas quitté depuis que Jorua te l’as offerte. Et tu ne cessais de vérifier qu’elle était toujours à sa place durant ton voyage. Difficile de ne pas m’en apercevoir. J’espère que tu ne m’en voudras pas.
Je ne savais pas quoi répondre. J’étais à la fois curieux et terrifié par l’étendu de ce que Persépros savait. Après tout, s’il s’agissait bien de sa boîte, il avait peut-être à sa disposition quelque moyen magique de centaure pour la garder à l’œil.
– Mais que je suis bavard ! Je sais pertinemment que tu as des questions à me poser et je ne t’en laisse pas le temps.
– Euh… A vrai dire je ne sais pas bien par où commence.
Mais il me laissa continuer.
– Je crois que j’aimerais savoir tout d’abord qui était la petite femme qui m’a conduit ici.
– C’est un bon début, je te l’accorde.
« C’est une Taryde. Ce sont des créatures qui vivent dans cette forêt et qui ont certaines facultés. C’est pour cette raison que tu ne peux pas voir leur Reine par exemple. De même, il ne faut pas s’étonner de les voir flotter au-dessus du sol par moments.
« Elles sont très gentilles avec moi, même si elles ne sont pas très bavardes. Peu importe, je les apprécie parce qu’elles savent se taire. Pas comme les hommes de l’autre rive…
Je ne savais pas si je devais d’abord parler de la boîte ou bien de l’homme en toge blanche qui m’avait suivi tout le long de mon voyage. Après mûre réflexion, je me décidai enfin.
– Comment la boîte est-elle entrée en possession d’Aliéris ?
– Bien, tu pose les questions dans l’ordre. Il faut savoir que la boîte passe de main en main depuis plusieurs centaines d’années. Aliéris n’est qu’un maillon de la chaîne, tout comme toi maintenant. Et comme je l’ai été, il y a longtemps.
– Attendez un peu. La légende dit que vous en êtes le propriétaire, que c’est vous qui avez taillé la boîte dans le bois d’un érable…
– Sauf que tu viens d’avouer que ce n’était qu’une légende. Je n’ai eu cette boîte qu’une petite centaine d’années. Elle n’est pas a moi.
– Mais alors vous n’avez pas la clef ?
– Je n’ai pas dit ça ! dit-il en haussant le ton, perdant par la même son calme.
Je ne savais pas si je devais être soulagé ou inquiet.
– Je n’ai pas non plus dit que je l’avais. Il n’en reste pas moins que tu es le gardien de la boîte.
Retrouvant subitement son calme, il ajouta :
– Sors-la.
J’avais de moins en moins confiance en lui et comme je ne le voyais pas, je n’étais pas rassuré. Je ne sortis pas la magnifique boîte en érable de ma poche intérieure, qu’elle n’avait en effet jamais quitté depuis mon départ. Persépros n’avait pas l’air particulièrement disposé à me laisser les clefs...
– Je ne la sortirai pas !
– Peu importe, ceci ne m’appartient pas. Tu as avec toi la Boîte de Pandore.
Je restai coi.
– Vous voulez dire que…
– Oublie tes légendes, Narin ! Tu n’y trouveras pas l’Espérance, laissée là par Pandore après avoir répandu tous les maux sur la Terre ! C’est tout à fait ridicule…
«  Non, en vérité, personne ne sait ce que contient la boîte. Et c’est là qu’est le problème. Vois-tu, son mystère attire la convoitise des Hommes. En vain selon moi, car Pandore était extrêmement vaniteuse, dit-on. Et elle a probablement créé le mystère autour de cette boîte dans le seul but de marquer la postérité. Ce qui, je te l’accorde, a fonctionné puisque nous en parlons encore aujourd’hui. Si tu veux mon avis, elle est vide. Tout comme elle est vide de sens.
« Malheureusement pour Pandore, les Hommes pensent à présent qu’il s’agit de ma boîte. C’est pourquoi je pense qu’il est temps de mettre un terme au mythe. Je pense que tu m’approuveras, étant donné ton désir avéré de l’ouvrir.
Ma pensée allait à toute vitesse, voyageant d’une révélation à l’autre. Je réfléchis très vite. Pourquoi ne se montrait-il pas ?
– Montrez-vous ! hurlai-je.
– Calme-toi, me demanda Persépros de sa voix doucereuse. Tu me verras plus tard…
– Non ! le coupai-je. Vous allez venir MAINTENANT ! Et vous apporterez la clef.
Je ne lui laissai pas le temps de parler :
– Pourquoi ? Pourquoi avez-vous si peur de vous montrer ? Pourquoi restez-vous au fin-fond de cette forêt sans accepter la moindre visite ? Et ne me dites pas que c'est par peur ! Vous seriez parfaitement accueilli et vous le savez pertinemment ! Qu’est-ce que vous cachez ? Montrez-vous, centaure ! braillai-je, parlant une fois de plus à la forêt qui m’entourait.
Je n’eut de réponse que le silence, inquiétant et intriguant. Je commençais à croire que j’avais froissé la créature. Je vécus les plus longues minutes de mon existence. De la nuit ou de la forêt, je ne sais laquelle m’oppressait le plus.
– Montrez-vous ! criai-je. Montrez-vous !!!
Et il se montra…


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:02 (2010); édité 1 fois
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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 15:02 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Épisode 8
Le Vieillard Et Le Lys

Sa Majesté, la Reine des Tarydes, sentait que quelque chose se préparait et son instinct ne l’avait jamais trompée. Narin, Persépros, sa boîte et l’Empereur des Etats de l'Ouest… Tous ces personnages formaient un étrange ballet. Des événements importants ne manqueraient pas de se produire cette nuit, le genre d’événements auxquels il faut à tout prix réagir. Mais quelle réaction était appropriée ? Etant donné qu’elle n’avait pas toutes les cartes en mains, la Reine ne savait pas vraiment ce qui se passait. Pourtant, elle ne pouvait pas se permettre de ne rien faire, tout comme elle ne pouvait pas se permettre de commettre une erreur..
Son peuple était chargé de protéger le monde du Nord de celui du Sud et de cacher au Sud l’existence du Nord. Mais tout ceci avait-t-il le moindre sens ? Non ! Ne pas se poser de questions ! Elle ne devait surtout pas se poser ces questions en ce moment. Elle avait bien une idée de ce qu’elle devait faire mais c’était peut-être sa décision la plus insensée…
En deux minutes, tous les Tarydes étaient réunis dans la clairière du trône. La Reine avait une mission à leur confier et ils allaient l’écouter très attentivement.
– Doublez la garde près de la Fra, ne laissez surtout personne passer et bouclez la clairière de Persépros. Nous allons tous devenir invisibles. Je reviens dans peu de temps.

*


Persépros était quelqu’un de timide et méfiant. C’est pour cette raison qu’il tournait sans cesse autour de la clairière, de façon à ce que Narin ne le repère pas. La conversation se tendait de plus en plus et Persépros sentait Narin échapper peu à peu à son contrôle. Il n’avait plus le temps de le calmer et après tout, il voulait aussi ouvrir la boîte. Il fallait agir vite, avant que l’autre ne fasse irruption et ne gâche tout. Après une intense réflexion, Persépros se montra, comptant sur l’effet de surprise.
Et la surprise fut énorme pour Narin. Celui-ci eut un mouvement de recul lorsque Persépros se présenta. Car celui qui venait de sortir du couvert des arbres ne ressemblait pas du tout à un centaure mais bien à un homme en toge blanche.

*


L’Empereur des Etats de l’Ouest se servit une coupe de son vin favori, s’assis et but d’un trait. Il se massa un moment les tempes avant de lever les yeux au ciel, contemplant un instant la toile de sa tente. La boîte était à portée de flèche, autant dire qu’il l’avait déjà en poche… Mais c’était sans compter sur les Tarydes. Leur Reine devait se douter de ce qui se tramait et n’allait pas tarder à faire quelque chose de stupide. Peut importait, les soldats étaient déjà en route et rien ne pouvait les arrêter. Il avait un coup d’avance et comptait bien le mettre à profit.
L’Empereur pensait encore à tout cela quelques minutes plus tôt, avant que les nouvelles ne lui parviennent et que la situation ne se dégrade. Il avait un coup en retard sur les autres, et par « les autres » il pensait à beaucoup de personnes, beaucoup trop de personnes qui venaient se mêler au dernier moment de son triomphe.
Le pauvre soldat qui avait tiré la courte paille n’osait même pas se lever. À genoux à l’entrée de la tente impériale, il venait d’annoncer à l’Empereur les nouvelles de la situation et elles ne faisaient visiblement pas partie du plan. Les Tarydes qui avaient totalement disparus et leur Reine qui se présentait au campement, le soldat trouvait ces événements plutôt positifs : les Tarydes n’étaient plus un obstacle. Mais son Empereur n’était pas de cet avis.
– Les Tarydes préparent quelque chose ! Ils se sont rendus invisibles et maintenant il nous est impossible de savoir ce qu’ils font !
Vu sous cet angle, la situation semblait effectivement beaucoup plus inquiétante. Mais le soldat ne pensait en ce moment qu’à sa propre situation. Il craignait plus que tout que son Empereur ne se mette dans l’une de ces colères dont il avait le secret. Lorsque celui-ci lui cria de sortir, le soldat ne se fit pas prier.
L’Empereur des Etats de l’Ouest allait recevoir la Reine des Tarydes. Et il avait une intention des plus diaboliques.

*


Persépros courait à toues pattes vers la clairière. L’autre était sans doute déjà là et qui sait ce qu’il avait bien pu dire à Narin. Il lui avait peut-être déjà chapardé la boîte. Alors il courait le plus vite qu’il pouvait. S’il voulait récupérer la boîte à temps, il devait se dépêcher. Il approchait de la clairière, il apercevait déjà la lueur des torches et accéléra encore le pas.
Lorsqu’il passa le cercle de torches, l’autre était déjà là, devant Narin. Il avait pris son apparence humaine et était vêtu d’une toge blanche qui lui donnait un air plus sage.
– Non ! s’écria le centaure.
Narin fit volte-face, visiblement déconcerté. Il avait la tête de quelqu’un qui suspecte quelque chose, et il n’imaginait sans doute pas à quel point il avait raison.
– Narin ! Je suis Persépros ! s’exclama le centaure avant que l’homme en toge ne proteste avec véhémence.
– Narin, c’est moi ! Je suis Persépros. Ne l’écoute pas. Je sais que c’est difficile à croire parce que je ne suis pas un centaure mais je t’en prie…
– Non, je suis Persépros, écoute-moi…
– Il se fait passer pour moi depuis un moment déjà, c'est moi qui t'ai guidé jusqu'ici grâce à des projections de mon image., moi qui t'ai évité nombre d'ennuis. Fais-moi confiance.
Narin, l’air plus soupçonneux que jamais, tournait alternativement son regard vers Persépros, puis vers Persépros avant de dégainer son arme.
– Plus un geste, murmura-t-il dans un souffle.

*


La Reine des Tarydes était assise inconfortablement sur un étroit tabouret, sous la tente glaciale de l’Empereur des Etats de l’Ouest. Son interlocuteur semblait prendre un plaisir extrême à déstabiliser la Reine qui, pourtant, restait imperturbable. L’Empereur était, lui affalé sur un coussin, probablement en soie.
– Je suis enchanté de vous rencontrer, madame. Mais je commence à me demander ce qui me vaut une telle visite.
– N’adoptez pas ce ton méfiant. Je suis simplement venue vous rappeler que j’ai une mission. Tâchez de ne pas oublier que cette mission ne va pas dans le sens de vos projets.
– Ne me faites pas ce discours, je vous connais…
– Mal. Vous me connaissez assez mal pour imaginer que je vais vous laisser faire vos petites manigances. Vous avez déjà perdu, retirez-vous de la partie.
– Sortez d’ici, répliqua l’Empereur tout en tentant de garder son calme.
La Reine ne se fit pas prier. Elle sortis de la tente et, juste avant de partir, ajouta : « Inutile de tenter quoi que ce soit contre ma personne. Je suis accompagnée. » L’air autour d’elle devint flou, comme sous l’effet de la chaleur, puis elle quitta magistralement la tente.

*


Les deux Persépros se jetèrent un regard de défi avant de se retourner vers Narin :
– Narin… Ne m’oblige pas à te faire du mal, menaça l’homme en toge blanche.
– Ne fais pas d’histoires, pose la boîte devant toi et tu pourras partir, renchérit le centaure.
Narin ne savait plus où se mettre. Il ne savait pas comment réagir, car les deux Persépros, bien que désarmés, arboraient tous deux une mine menaçante. Pourquoi disaient-ils tous deux être Persépros ? Et comment savoir lequel était le vrai ? En réalité, la question était inutile car de toute manière, il ne savait même pas s’il pouvait faire confiance au vrai Persépros…
Il savait d’expérience que dans une telle situation, la réponse la plus simple était souvent la bonne. Et la réponse la plus simple qu’il avait trouvé à ce moment précis était la suivante : aucun des deux n’était Persépros. Il tenta alors un coup de bluff extrêmement réussi. Il glissa délicatement sa main dans son pardessus et en tira une petite sacoche dans laquelle il gardait des herbes médicinales. Il la brandit devant lui puis la jeta à terre assez loin des deux imposteurs.
Il y eut une tension dans l’atmosphère durant quelques secondes, juste avant que les deux ne mordent à l’hameçon. Ils se jetèrent ensemble sur la sacoche. L’homme en toge l’attrapa avant d’être bousculé violemment par le centaure. Pourtant, l’homme ne sembla pas être blessé. Il fit volte-face et chargea vers le centaure. A quelques mètres de celui-ci, l’homme se déforma considérablement sous sa toge, qui se déchira, laissant apparaître un torse d’homme sur des pattes de cheval. Le choc fut violent et les deux corps s’entremêlèrent dans un combat acharné. Les deux centaures se confondaient, il était à présent impossible pour Narin de les différencier.
Narin en avait assez vu. Il courut dans la direction qui lui semblait mener vers la Fra, sans se retourner et sa course était plus rapide encore que celle de la Taryde qui l’avait mené ici. Mais à peine pénétrait-il dans la forêt, hors du cercle de torches, qu’il trébucha. Il avait l’impression de s’être fracassé contre une barrière qu’il ne voyait pas. Il se releva et jeta un œil derrière lui : les deux centaures, ne lui prêtaient plus aucune attention. Il avança prudemment sa main qui fut une nouvelle fois repoussée. Déséquilibré, il se demanda quoi faire. Il réessaya et cette fois manqua de trébucher en avant. Le mur invisible ne l’empêchait plus de passer. Il se précipita hors de la clairière et courut autant qu’il put.

*


– Laissez-les passer, ordonna la Reine.
– Ma Reine, nous devons vous dire que certains ont laissé passer l'humain Narin, avoua un soldat Taryde.
– Je pense effectivement que c'était la meilleure décision. Vous avez bien fait, ne vous en faites pas.
Les Tarydes, invisibles, s'écartèrent pour laisser les soldats de l'Empereur entrer dans la clairière. Le résultat fut autant grotesque qu'impressionnant. Les soldats ne réagissaient plus vraiment aux ordres, entre ceux qui réfléchissaient au meilleur moyen de prendre la fuite et ceux qui se lançaient bêtement, dans un excès de zèle, dans un combat perdu d'avance contre les deux centaures, le tableau faisait pitié. Les Tarydes refermèrent leur cercle, une fois la totalité des soldats engagés dans la clairière, sans aucune pitié pour ceux qui s'étaient introduits au nord de la Fra sans y avoir été invités.

*


Narin arriva à bout de souffle devant la Fra. Les mains sur les cuisses pour se remettre de sa course, il souriait. Il se sentait bien, sachant que les autres étaient dans cette clairière, et heureux d'avoir pu retrouver la rivière si vite. Il porta la main à sa poche intérieure, il caressa les angles de la boîte. Il se décida à ne pas trop s'attarder de ce côté de la rivière. Il releva la tête.
– N'allez pas plus loin, ordonna une voix autoritaire devant lui.
Narin eut peur de s'être fait doublé, puis vit un Taryde, flottant devant lui. Sans un mot, il essaya de l'éviter pour plonger dans la Fra mais fut surpris par l'apparition inattendue d'autres soldats flottants, alignés le long du cours d'eau, comme une barrière infranchissable.
– N'allez pas plus loin, vous ai-je dit, la Reine veut vous voir.
– Je suis pressé, figurez-vous. Je préfèrerais recevoir la Reine dans mon propre royaume.
– La directive est non négociable, la Reine veut vous voir avant que vous ne quittiez ces terres.
Voyant que toute discussion avec cette créature ne mènerait à rien, pas plus que celle avec la première Taryde rencontrée, il se tut. Il ne se sentait pas en sécurité, entouré de toutes ces petites créatures armées, mais n'aurait à aucun prix voulu forcer le passage. Il attendit, s'impatienta, s'assit en tailleur, soupira, se releva, soupira de plus belle. Les Tarydes restèrent impassibles, comme coupés du monde, et pourtant il n'osait pas s'en approcher. Après un certain temps, les Tarydes s'inclinèrent, faisant une élégante révérence parfaitement synchrone. La Reine apparut.
Elle était étonnement grande pour une Taryde. Elle était plus haute que deux hommes et avait une corpulence peu commune, faisant d'elle une masse sans forme claire qui flottait pourtant devant Narin. Elle s'approcha lentement, sans un bruit sans un mot, et tendit sa paume vers la poitrine de Narin. Il ne bougea pas, et doucement, elle posa sa main sur le coeur de l'homme.
– Je m'excuse, murmura la Reine d'une voix douce sans remuer les lèvres. Je m'excuse de vous avoir laissé entrer pour rien. Les réponses que vous cherchez ne se trouvent pas ici.
– Ma Reine, c'est moi qui m'excuse de vous causer du souci.
– Laissez, relevez-vous, petit homme. Je ne suis pas votre Reine, et j'accomplis seulement ma mission. Mon peuple protège depuis longtemps le monde du Nord de celui du Sud. Et cache au Sud l'existence du Nord. Si j'ai demandé à vous faire entrer sur ces terres, c'est que cette boîte pose beaucoup de problèmes aux miens. En effet des êtres du Sud partent de plus en plus à la recherche de réponses ici. C'est qu'ils n'ont pas encore compris que cet objet n'est pas un trésor mais un objet de méditation, anciennement créé dans un cercle de sages dans le but d'apporter la méditation.
« Il fallait y remédier, c'est fait. Sachez seulement que cet objet d'étude fut offert à Pandore puis perdu. Les viles centaures qui vous ont attiré ici sont aussi ignorants que les hommes qui convoitent sa valeur marchande. Ils se sont débarrassés du véritable Persépros pour vous duper. Je sais ce que vous avez vécu pour arriver ici, des trahisons, des épreuves atroces dont seuls les hommes ont le secret. À présent, soyez en paix.
Narin franchit la Fra, les Tarydes s'étaient écartés. La Reine le regardait toujours, Narin jeta un regard derrière son épaule dans un silence oppressant. Lorsqu'il se retourna, il vit Lupa attaché à un arbre. La magie des Tarydes ne semblait pas avoir de limite. Il le monta en souriant, disparut dans l'obscurité. Lorsqu'il porta, par réflexe, la main à sa poche intérieure, la boîte d'érable ne présentait pas les mêmes contours que d'habitude. Il la sortit, la trouva ouverte et en prit le contenu entre ces mains : un papier et une fleur de lys. Sur le parchemin figurait l'inscription : « Cet objet ne peut être ouvert que par les âmes qui sont assez mûres pour espérer n'y rien trouver. Le plus beau cadeau s'y trouvant pourtant, la sagesse. »
Narin caressa la fleur. Les pétales semblaient respirer, le végétal vivait. C'était sa sagesse, celle qu'il avait acquise durant son voyage. Il la garda précieusement.



Cinquante-trois ans plus tard

Lorsque ses propres gardes le trouvèrent un matin
Étendu, ils le crurent endormi dans ses draps
Car il avait toujours cet air tellement serin
Il avait, la fin proche, à son peuple en émoi
Une lettre adressée stipulant « N'ayez crainte »
Sur le bureau près de sa très vieille amulette
Se trouvait encore d'un lys la fleur violette
La Sagesse était le nom de la belle teinte
Car c'est après sa vie ce qui reste d'un homme.


Dernière édition par Narin le Sam 4 Sep - 15:39 (2010); édité 2 fois
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vemnaft
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 15:06 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

^^évidemment... il faudrait que je test sur kings age...
_________________
Si le destin est contre nous, tant pis pour lui!
Qui veut gagner en expérience rajoute une chose, qui veut gagner en sagesse enlève une chose.
Connais ton ennemi et il te baisera les pieds à la fin de la journée.
7 valeurs feront ton cœur.


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Narin
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MessagePosté le: Sam 4 Sep - 15:37 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

^^ mauvaise langue ! Je viens de finir !!! Smile ^^
J'avais vraiment fini mais l'épilogue sous forme de poème est vraiment mieux Wink

Franchement, kings age est bofbof... Une fois que t'as évolué un village, c'est toujours la même chose. Tu n'as aucune liberté d'évolution puisque tu construit TOUS les bâtiments dans chaque ville. Le seul objectif est d'acquérir d'autres villages. Bref, moi ça m'a très vite énervé.


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vemnaft
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MessagePosté le: Dim 5 Sep - 19:46 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

je suis d'accord mais j'arrive à survivre^^ Mes 12 petits villages énerve tellement l'élite du coin que je me fait une joie de rester^^
_________________
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MessagePosté le: Mer 8 Sep - 15:00 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

^^ amuse-toi, c'est toujours intéressant d'embêter les autres Mr. Green

Sinon, tu as lu tout le sujet ?


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vemnaft
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MessagePosté le: Mer 8 Sep - 15:14 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

bien sur tu me prends pour qui!! Exclamation ^^
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MessagePosté le: Mer 8 Sep - 15:27 (2010)    Sujet du message: Coin des auteurs Répondre en citant

Ah bon Smile T'y a passé du temps, j'espère ! ^^

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:05 (2018)    Sujet du message: Coin des auteurs

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